Vraie faim ou fausse faim ?

Vous avez du mal à reconnaître la vraie faim, d’une fausse faim ?

Plusieurs facteurs peuvent être responsables, et fausser votre jugement quant à votre faim. Voyons-cela plus en détails dans cet article.

Les responsables de la fausse faim :

  • La soif :

Très souvent ce qu’on reconnaît comme faim, n’est en fait que de la soif. Il est possible qu’à un moment vous aviez senti la soif mais vous n’avez pas bu d’eau pour X raison. Entre temps, c’est passé, ou plutôt cela s’est mis de côté. Et lorsque cela se re manifeste vous pouvez prendre ce signal comme une envie de manger. D’ailleurs quand vous ressentez le besoin de boire de l’eau c’est que vous êtes déjà déshydraté(e) ! Vous auriez déjà dû boire il y a un moment déjà.

Le corps qui est constitué entre 60 et 75% d’eau, élimine environ 2,5 litres au cours de sa journée par l’urine, les selles, la respiration, la sueur. Il a donc besoin de s’hydrater, de regagner cette quantité d’eau pour assurer toutes ses fonctions vitales.

Donc parfois quand vous avez envie de manger un petit truc, c’est en fait de la soif. Donc buvez et attendez ! Généralement cette fausse faim disparaît en quelques minutes. Et si elle revient et qu’il n’est clairement pas l’heure de manger, rebuvez un verre d’eau, changez de pièce, aérez-vous, faites quelques mouvements, respirez profondément…

  • La fatigue :

Alors oui la faim provoque la baisse d’énergie, voire la fatigue si la faim est déjà bien installée. Mais la fatigue, la simple fatigue peut vous donner l’impression d’avoir faim. En effet cette baisse d’énergie indique à votre organisme qu’il a besoin de se reposer, de dormir pour recharger son besoin en énergie. L’énergie qui est nécessaire au bon fonctionnement du corps, de l’esprit… Nous apportons de l’énergie à notre corps en mangeant mais nous le regénérons en dormant, pas en mangeant. De nos jours nous sommes un peu déconnectés de nos sensations et de nos besoins même primaires, et il y a confusion entre nos différents besoins. Donc quand vous avez une envie de manger en dehors des repas, et que vous ne ressentez rien dans votre ventre, reposez-vous quelques minutes. Si le temps et l’endroit vous le permettent faites une sieste, 20 minutes feront déjà une belle différence. S’il est impossible de faire une sieste, si vous êtes au travail, accordez-vous une petite pause où vous faites des exercices de respiration, une mini méditation, reposez votre dos contre un dossier, et si possible votre tête aussi. Ou posez votre tête dans vos bras sur votre bureau. Et surtout éloignez votre smartphone et tous les écrans ! Le cerveau et les yeux ont besoin de se couper de ces lumières bleues, des ondes électro-magnétiques, et des informations futiles ou même importantes, durant cette petite phase de repos. Laissez votre corps se recharger. Et buvez un grand verre d’eau !

  • Les émotions :

La fausse faim, faim psychologique, émotionnelle, gourmandise, l’envie, la pulsion… Cette faim se manifeste au niveau mental. Nous pensons à un aliment qui nous fait envie là maintenant tout de suite. Généralement il s’agit d’un aliment très sucré, très gras et très salé.

Ou tout simplement la vue d’un gâteau, l’odeur de croissant etc. peut nous donner l’impression d’avoir faim, cela nous donne envie de manger ces aliments en particulier que tu nous voyons ou sentons.

Il n’y a pas beaucoup de signes physiques à ces faims mentales. Et ceux-ci se manifestent vers la bouche. Plus particulièrement la langue, le palais, et la gorge. Sans doute parce que l’on pense, on image l’aliment en question, inconsciemment on met en condition notre corps comme s’il allait recevoir l’aliment dans sa bouche. Un peu comme le chien de Pavlov qui salive en entendant la clochette (vous trouverez un lien en bas de page pour mieux comprendre cette expérience). Et se met en place tout ce système sensoriel et physiologique au niveau de la bouche. J’ai envie de dire un peu comme un homme qui pense à une scène érotique et qui manifeste alors des signes plus ou moins importants en dessous de sa ceinture. 

J’ai déjà écrit un article  «Devons-nous bannir tous nos plaisirs au profit de notre poids ? »,  qui traite en partie des émotions que l’on mange, je vous invite à le lire. Mais pour résumer: L’ennui, le stress, l’anxiété, la déprime, la colère, et toute autre émotion désagréable peut vous donner envie d’apaiser vos peines par la nourriture. Vous cherchez ici du réconfort, ou à combler un vide, à calmer une pulsion qui ne peut pas être assouvie dans l’immédiat (exemple : besoin de sexe, besoin de décharger son agressivité, sa colère…). Le problème est que vous n’écoutez pas réellement votre émotion. Vous ne faites que la manger, l’engloutir tout au fond de vous pour qu’elle reste silencieuse, et qu’elle arrête de vous embêter. Mais elle ressortira d’une manière ou d’une autre. Jacques Salomé que j’aime beaucoup a écrit « C’est l’absence de mots qui provoque les blessures incurables. », ou encore « Quand il y a le silence des mots, se réveille trop souvent la violence des maux ». Tout cela pour dire que vous avez beau refouler vos émotions en les mangeant, elles ressortiront et feront bien plus mal, en se matérialisant en symptômes physiques, voire en maladie.

Il est vrai que dans notre culture, on ne nous a pas beaucoup appris à écouter ce qu’il se passe en nous, mais plutôt à être le plus productif et à se concentrer plus sur les autres que sur nous.

Dans ce type d’alimentation, on a compris, on ne nourrit pas son corps. On s’engraisse, s’encrasse, se pollue, et on fatigue ses organes. Et au passage on détériore notre estime de nous-même.

  • Le grignotage :

Le grignotage appelle le grignotage. Je vous invite là aussi à lire mon article «Devons-nous bannir tous nos plaisirs au profit de notre poids ? » pour voir plus en détail cette histoire d’insuline et de dopamine. Vous avez peut-être déjà entendu le sucre appelle le sucre ? Et c’est ce qu’il passe ici avec l’ingestion de snacks très sucrés (index glycémique élevé). Il y a la libération massive d’insuline, qui va alors récupérer tout le sucre du sang pour le mettre dans nos cellules du foie et des muscles. Le sang va alors se retrouver en dessous du seuil normal de sucre pour vivre confortablement notre journée. Il va alors appeler en urgence un nouvel apport de sucre (symptôme d’hypoglycémie). Et là vous comprenez le cercle vicieux qui se met en place…

De plus, il y a l’envie inconsciente de réactiver notre circuit de récompense* qui a besoin de son dopant pour se sentir heureux, motivé, dopé… c’est la dopamine. Ce circuit est malheureusement déréglé par l’ingestion répétitive, abusive d’aliments appétant (souvent très sucrés, très salés, très gras).  Inconsciemment nous recherchons toujours à répéter l’expérience de plaisir que nous avons ressenti en mangeant une friandise auparavant. Alors on répète et on répète, jusqu’à développer l’accoutumance, l’addiction. C’est exactement ce qu’il se passe avec les drogues et l’alcool de manière bien plus forte.

Tout le monde ne développe pas des comportements addictifs (sauf avec les substances psychoactives comme les drogues et l’alcool, la consommation répétée entraine rapidement la dépendance), mais malheureusement on ne peut pas le savoir à l’avance. C’est pour cette raison que des personnes très gourmandes arrivent à garder leur contrôle et se sentent pleinement satisfaites au bout de 2 carrés de chocolat. Et que d’autres ont besoin de mettre une raclée à la tablette de chocolat et ressentent alors honte et culpabilité. A force, on peut tomber dans des troubles du comportement alimentaires, associés à des problèmes de santé, à la prise de poids…

  • Le café :

Selon une étude américaine récente*. La consommation de café augmenterait nos envies de sucré. En effet la caféine présente dans le café, bloquerait les récepteurs d’adénosine, qui facilitent la détente et l’endormissement. Ce que nous trouvons bien utile depuis très longtemps pour nous donner ce fameux coup de fouet le matin… Or, lorsque ce récepteur est bloqué, cela réduit aussi nos perceptions du goût sucré. Ce qui nous amène à chercher ce goût ailleurs et souvent. Cela serait pour cette raison que l’on aurait tendance à accompagner nos cafés de biscuits par exemple.

De là, à se demander s’il faut bannir ou non le café ? Je ne pense pas, bien qu’il faille en consommer avec modération.

Voici quelques indicateurs de la vraie, quelques signes physiques :

Vraie faim :

  • La vraie de vraie, arriverait au bout de plusieurs dizaines de jours. Mais il est clair que nous n’attendrons pas aussi longtemps sans manger, à moins de pratiquer le jeûne thérapeutique et d’en être accompagné par des professionnels. Mais c’est un autre propos…
  • La vraie faim « ordinaire » vous fait ressentir une réelle sensation de vide, de creux dans l’estomac. Vous sentez l’estomac qui tiraille, accompagné de gargouillis. Cela peut donner des crampes plus ou moins douloureuses. Ce signe là ne trompe pas généralement. Vous avez faim ! Or il est possible qu’en ressentant ces signes vous continuez de vous sentir bien et en forme. Cela devient désagréable voire même ingérable pour certain quand des maux de têtes apparaissent. Voire des sensations de tête qui tourne, de vertiges, d’étourdissements.
  • Ensuite il y a aussi la baisse d’énergie, la fatigue mentale et/ou musculaire.
  • Beaucoup de personnes se sentent irritables, nerveuses. Le corps est en situation de stress, et c’est normal car le stress est une réaction d’adaptation. Ici il envoie le message au corps d’aller chercher de la nourriture et de le nourrir !
  • La gorge qui se serre, qui est crispée, nouée, tendue… est le signe de la faim. Il serait d’ailleurs le vrai signe de la « vraie faim ». Car tous les autres signes seraient surtout des symptômes d’un organisme en train de se nettoyer, de se détoxifier. Mais dans nos vies modernes et notre culture nous sommes encore très attachés à nos 3 ou 4 repas quotidiens.
  • La vraie faim n’est pas difficile en termes de choix d’aliment. Elle ne va pas « bloquer » sur l’envie d’un aliment en particulier.

Nul besoin d’attendre de se sentir vacillant avec des vertiges …. Je pense qu’il est bien d’attendre le moment où vous sentez votre ventre qui tiraille et qui gargouille. Si bien entendu cette sensation vous dérange, ou si elle s’accompagne d’une baisse d’énergie, ou encore si elle vous empêche d’accomplir vos tâches correctement.

Enfin, si l’idée de manger un Kinder Bueno, un pain au chocolat,  vous obsède, que vous avez vraiment envie de manger ceci à un moment. Ben faites-le ! Oui faites-le… Car cette envie va rester, va tenter de se satisfaire auprès d’autre chose. Ce qui va entraîner de l’insatisfaction, de la frustration, et éventuellement une autre prise de nourriture bien plus importante en quantité qu’elle aurait dû être avec ce simple « encas plaisir ». Ici, en tentant de résister très fort contre cette envie, vous pouvez rentrer dans une alimentation contrôle, et une relation malsaine à la nourriture s’instaure. Ce qui peut engendrer encore une fois des troubles du comportement alimentaire.

L’astuce pour que ça passe mieux, c’est de vous poser le temps où vous vous accordez votre Kinder et le manger en conscience ! Lorsque l’on s’accorde en conscience, un aliment, il n’y a pas de notion de craquage !

 Mentalement c’est se dire «  je m’offre ce Kinder parce que j’en ai très envie, cela me fait simplement plaisir de manger ce truc ».  Ensuite, c’est porter son attention à ses sensations en bouche, la texture, le goût, la température, la dureté, et à ce que cela vous fait en vous, plaisir, etc…  Et, ne rien faire d’autre. Pas de télévision, pas de portable, ne pas travailler en même temps… Et là, la culpabilité peut rester là où elle est, mais pas en vous. Il n’y a pas besoin de culpabiliser puisque vous avez décidé en conscience de vous offrir ce moment. Et il ne s’agit pas du résultat défectueux d’une lutte acharnée entre une envie et la raison. Pas de honte, pas de culpabilité, pas de colère, pas d’échec.  Juste se faire un petit plaisir simple. Et passer à autre chose…

Si vous avez du mal à ressentir vos sensations de faim (ou de satiété). Si vous ne savez  pas différencier un mal de ventre, d’une crampe de faim. Ou encore si votre gourmandise vous empêche de maintenir un poids stable, ou d’aller au bout de certains objectifs, l’accompagnement par un professionnel de l’hypnose peut vous être d’une grande aide.

De plus, la pratique du sport, même très douce, vous aide également à vous sentir mieux dans votre corps, à dégager votre esprit de pensées polluantes, à dépolluer votre corps et vos organes. Il vous aidera aussi à mieux ressentir la faim, la vraie, ainsi qu’a mieux digérer.

Les exercices de respirations, la médiation, l’hypnose, la sophrologie sont des méthodes qui vous aident à vous reconnecter à vos sensations physiques, à vous reconnecter à votre Moi profond. Et bien plus encore…

Si vous avez des questionnements ou tout simplement envie de partager quelques choses, ou autre n’hésitez pas à m’en faire part c’est avec plaisir que je vous lirai et vous répondrez !

Merci pour l’attention que vous avez portée à la lecture de cet article ! N’hésitez pas à le partager s’il vous a plu.

Bien à vous.

Ci-dessous les sources, et liens qui expliquent le conditionnement de l’expérience de Pavlov. Vous avez également pleins de vidéos sur Youtube qui vous l’expliquent très bien.

https://www.futura-sciences.com/sante/dossiers/medecine-drogues-effets-dependance-961/page/8/

https://www.topsante.com/nutrition-et-recettes/les-bons-aliments/cafe/le-cafe-augmenterait-nos-envies-de-sucre-620332

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/1750-3841.13836?referrer_access_token=t1CSZNq6BIXZWwMEs4REl4ta6bR2k8jH0KrdpFOxC65LVqG2WmeGLtImX6WpNGOveIKhAcl0RtiQnDNke7aRw3-CuNJnuqrPtwBMtgPSARPCtx4jO6-Wv6mH–SaxGLT1H6VOHR0SliLn7LK6K4Uv8hDB7ggLi5Tljd5O3KaQX-DkUxKOX19cMMw8ifQ7aJuFX99musoMkprtwQzoWyDvJbAAJg_Pgzy5rQTbwb-vX7wn7gCU17JJ6h6EJBCtrtzpu6tOd9qXbWclrK2UKtaTUex2f4iSuT1_m89mNZRJS8hlIadbKshdVdveBROQYG0ro9TMeUhmeJUyVOH6eXvQp5g5bwaRxgVJZwSFzdP1so%3D

https://www.rvd-psychologue.com/cerveau-circuit-recompense.html

https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/cerveau-circuit-recompense-16606/

https://www.rvd-psychologue.com/cerveau-circuit-recompense.html